UNITERRE pour une agriculture durableUNITERRE pour une agriculture durable
UNITERRE pour une agriculture durable
UNITERRE pour une agriculture durable
Éditorial d'uniterre le mensuel agricole indépendant

Décembre 2011, n°11, 56ème année

Le mot du président
«Toutes et tous à Berne le 2 mars!»

Chère famille paysanne,
L’année qui s’achève a été difficile pour beaucoup d’entre vous. L’instabilité des filières, entre autre laitière, a provoqué une chute des prix continue, alors que la demande en produits de proximité ne cesse d’augmenter! Nos produits ont beaucoup de valeur, il faut en être conscient et s’en convaincre! Nos acheteurs en ont besoin absolument. Il faudra donc qu’ils finissent par y mettre le prix, quitte à en avoir moins. Les consommateurs eux, n’ont pas de problème avec cela. Pour la plupart, ils sont d’accord de payer un peu plus pour autant que l’argent nous revienne. Pour imposer cette volonté populaire, nous devons nous mettre ensemble, familles paysannes et consommateurs, pour faire pression sur les acheteurs et les grands distributeurs. Pour cela, nous avons trois axes à disposition: Mettre en concurrencer nos acheteurs et les revendeurs par le développement de nos propres filières de vente, informer régulièrement les médias de la situation et mettre en place une politique agricole basée sur la souveraineté alimentaire telle que définie par Uniterre et Via Campesina. Ces trois points guident notre travail syndical.

9dec2011

Pierre-André Tombez le 9 décembre dernier sur la place fédérale à Berne, expliquant la mesure que propose Uniterre depuis deux ans pour réguler les quantités de lait et garantir un prix équitable. Photo: Kurt Graf

Nous devons nous mettre dans la tête que nos acheteurs ont une peur bleue que nous reprenions le marché de l’alimentation. Ils font donc tout ce qui possible pour nous diviser, faire pression, nous casser et reprendre nos bonnes idées et notre image à leur profit. Or, nous avons tout entre nos mains, du produit à la coopérative de transformation et de vente. Positionnons-nous dès lors comme leur concurrent direct, exigeons et pratiquons des prix qui couvrent nos frais. Montrons-nous solidaires avec les citoyens qui revendiquent de meilleures conditions salariales afin qu’ils puissent consommer nos produits et cela changera toutes nos perspectives d’avenir!
Cette vision d’entrepreneur solidaire doit nous guider dans toutes nos activités et décisions, à la fois dans nos fermes mais aussi dans la défense professionnelle que nous finançons tous. Nous devons imposer nos visions et des résultats à nos organisations et Uniterre en fait partie.
A Uniterre, les producteurs s’investissent bénévolement et sans objectif particulier si ce n’est la défense de la profession. Ils ne représentent donc pas leurs propres intérêts mais ceux de centaines de milliers de familles paysannes en Suisse mais aussi en Europe et dans le monde. Leurs projets et leurs propositions sont centraux car ils remettent la famille paysanne, l’humain - et non les moyens de production - au cœur de la chaîne alimentaire. Ils doivent donc être entendus et soutenus par le plus grand nombre.
Parmi ces projets, figure celui de la force obligatoire en mains des producteurs pour le management de la production laitière. Nous devons obtenir les moyens d’adapter notre production en fonction du des prix et du marché. C’est la base de toute activité économique qui se doit d’être rentable. Sans cela, dans la configuration actuelle du marché, aucune véritable négociation ne sera possible. Pour l’imposer, il faudra encore travailler, travailler, travailler, passer aux actes, soyons nombreux le 2 mars à berne. Ne perdons pas de temps à regarder le voisin pour dire qu’il fait faux. Tirons tous la même corde et rendez-vous à Berne le 2 mars pour une grande manifestation nationale. D’ici-là passez de belles fêtes.

Pierre-André Tombez, Président

 

Novembre 2011, n°10, 56ème année

Procès de quatre producteurs de lait

Liberté syndicale remise en question

bulle

Suite à l’action de Pringy de 2009, quatre des deux-cents producteurs présents sur place ce soir-là ont été condamnés par le Tribunal de Police du district de la Gruyère à 80 heures de travaux d’intérêt général avec sursis de 2 ans, une amende de 300 Frs en plus les frais de justice qui devraient se monter à plusieurs milliers de francs. Uniterre a fait appel afin de prendre connaissance des motifs précis qui ont motivés ce jugement.

Pourtant, lors de son plaidoyer, l’avocate, Maître Cereghetti a plaidé, avec logique et raison l’acquittement ou une condamnation sans peine, étant donné l’importance de la cause et les torts finalement très faibles engendrés. Elle a rappelé que la pression fait partie de toute négociation de cette importance. De plus, le plaignant a retiré sa plainte, il n y a pas eu atteinte à l’intégrité morale ou physique des personnes et l’action n’a pas provoqué de déprédations. Le rapport des policiers présents sur place le confirme. Mme Cereghetti a rappelé que les producteurs n’étaient présents que pour faire appliquer un article du règlement de la Fédération des Sociétés fribourgeoises de laiterie (FSFL). Sur ce dernier point, les décisions prises par la FSFL ce soir-là, à savoir la réduction de 40% des quantités supplémentaires et la tenue d’une assemblée générale extraordinaire n’ont, à ce jour, jamais été appliquées.

Avant de prononcer la sentence, la juge Frédérique Bütikofer-Repond, a fait patienter les prévenus plus de 2 heures alors qu’elle promettait 45 minutes. Jamais nous ne saurons ce qui s’est passé pendant ce laps de temps, mais visiblement la décision ne fût pas si simple à prendre.

Uniterre constate qu’il est extrêmement difficile de se faire entendre sur Fribourg, pays d’ELSA et de Crémo. Même la juge n’est pas intervenue lorsque des menaces de mort sont proférées par Monsieur Stirnimann, en plein procès, à l’encontre de Pierre-André Tombez.

Avec ces condamnations, la liberté syndicale d’Uniterre est remise en cause. Jamais de telles sentences ont été proférées contre des paysans qui se battent bénévolement pour leur profession et pour une agriculture paysanne proche de la population.

Dorénavant, il sera plus difficile de gérer des paysans en crise. Uniterre ne pourra plus aussi facilement exprimer et accompagner le désespoir de certains. Des actions ou des actes de dépit pourraient partir de producteurs individuels. Uniterre ne prendra plus le risque de les retenir ni de gérer d’éventuels débordements sur Fribourg, mais le lait noir et blanc voyage loin au-delà des frontières cantonales…

 

Octobre 2011, n°9, 56ème année

Marché du porc

Sommes-nous en 1960?

truie

Trois francs par kilo...c’est le prix pour les porcelets de 20 kilos concédé ces jours aux producteurs. Alors qu’il devrait se situer autour de 6.50.-/kg pour couvrir les coûts. Pour les engraisseurs, le prix du porc à 80 kilos est de 3.10.-/kg (poids mort). Il y a cinquante ans, le même porc se vendait 3.-/kg, poids vif... Les porcs, malgré ces prix, s’écoulent mal. Du coup, les poids dépassent les normes et les producteurs subissent encore une réduction de prix!
Aujourd’hui, la situation du marché du porc peut être décrite comme catastrophique! Comment en sommes-nous arrivés là? Certains évoquent la forte hausse de productivité des truies. Ou le fait qu’en raison d’investissements majeurs pour agrandir leurs unités de production, les producteurs sont «contraints» de produire afin de faire face à de trop nombreuses charges: remboursement de la dette, paiement des salaires des employés engagés lors de l’agrandissement, coûts de l’énergie, affouragement. Bref, les grandes structures ont, à n’en point douter, beaucoup moins de souplesse que les plus petites pour s’adapter au marché. Mais ces dernières ont disparu sous la pression et ce n’est plus elles qui pourront faire tampon en arrêtant leur atelier porcin. Dans ces conditions, est-ce que l’appel de Suisseporcs pour réduire de 10% la production de truies peut être entendu? Selon certains producteurs, si la solidarité fonctionnait, le problème pourrait être surmonté en six mois. A l’heure actuelle, Suisseporcs n’a pas les moyens d’obliger les producteurs à réduire leur production. Toute gestion stricte des quantités a jusqu’alors été refusée par Suisseporcs avec l’argument que le marché était en mesure de réguler à lui seul les quantités. D’autres soulèvent la problématique du tourisme alimentaire qui a encore été accentué -particulièrement dans le secteur carné- depuis la crise du franc fort. Les producteurs pointent ici du doigt les transformateurs et les distributeurs qui n’ont pas répercuté la baisse vertigineuse des prix vers les consommateurs. Quelle sera la réaction de Manfred Bötsch, ancien directeur de l’OFAG et nouveau membre de la direction de Micarna, sur ce dossier?
La différence est telle à l’étalage qu’il est difficile de ne pas résister à la tentation. Les paysans appellent néanmoins les consommateurs à faire preuve de responsabilité. Les normes de production dans le secteur porcin sont largement plus élevées que chez nos voisins et expliquent en bonne partie la différence qui demeure entre le prix à la production en Suisse et en Europe.
Dans ce contexte de surproduction, où les importations de viande semblent jouer encore un rôle secondaire, quel rôle joue la Fenaco? Selon des informations reçues, elle aurait largement encouragé des producteurs à transformer des étables en rings de mise-bas avec l’aide de crédits avantageux et un engagement à long terme; il y a peu de temps encore. Les porcelets sont alors revendus à vils prix par Fenaco à des engraisseurs qui recevraient un soutien financier pour l’engraissement. Afin d’écouler des aliments importés par Fenaco à prix dérisoires? Par après, les porcs sont acheminés vers les abattoirs par Anicom SA. Si cela se confirme, est-ce bien raisonnable de la part d’une coopérative appartenant aux paysans? Après une intégration de la filière volaille, celle des porcs est quasi achevée. Sachant que Fenaco importe toute une palette de marchandises, dont de la viande, il y a de quoi frémir...
Uniterre

Septembre 2011, n°8, 56ème année

Le pacte d'Uniterre: 265 candidat-e-s l'ont signé

palais fédéral

Pour la seconde fois, Uniterre a proposé aux candidat-e-s aux élections fédérales de signer un pacte intitulé «pour une agriculture citoyenne basée sur la souveraineté alimentaire». A la différence des autres démarches lancées par diverses organisations en cette période électorale, votre syndicat propose aux candidat-e-s ni plus ni moins d’adhérer à un certain nombre de positionnements clairs issus de notre vision. Sur 265 signataires, seuls 16 ont émis quelques réserves.
Le but de ce pacte n’est pas de faire la campagne électorale pour l’un ou l’autre des partis mais bien de savoir quel-le-s candidat-e-s appuient franchement nos visions. Et de pouvoir travailler par la suite avec un groupe d’élu-e-s interpartis. Uniterre s’est toujours positionné au-dessus de la politique partisane. Et c’est sa force. A l’aube des débats parlementaires sur la politique agricole 2014-17, sur les accords de libre-échange, sur l’aménagement du territoire ou sur le moratoire OGM, le fait que des candidat-e-s de quasi l’ensemble de l’échiquier politique aient signé est encourageant.

Pour la première fois, le pacte a également été envoyé en Suisse alémanique (Zurich, Bâle, Berne, Soleure) et a reçu un accueil très positif. L’agriculture n’est la propriété privée d’aucun parti. Elle concerne l’ensemble de la société car chacun d’entre nous est appelé à se nourrir chaque jour.
Alors que la guerre du lait pointe à l’horizon nous devons, paysannes et paysans, briser le corporatisme, chercher des alliances, des appuis dans l’ensemble de la société! Notre force de rassemblement autour de nos visions doit être décuplée de toute urgence. L’automne s’annonce plus que chaud. Nous vous appelons à venir très nombreux le 16 octobre 2011 l’après-midi à l’assemblée paysanne qui discutera des actions à mener dans les prochaines semaines dans les dossiers laitier, carné et céréalier. Amenez-y vos collègues, membres ou non d’Uniterre.
La production laitière -pour beaucoup d’entre nous une vraie passion et pour l’ensemble de la société une denrée indispensable à l’alimentation- ne doit pas disparaître dans le silence. Ne nous laissons plus traiter comme des moins que rien par l’industrie et les acheteurs. Nous sommes des interlocuteurs incontournables du secteur, et nous devons l’affirmer haut et fort. La fédération des producteurs suisses de lait semble enfin l’avoir compris, c’est ce que nous espérons.
Ayons la tête haute: l’avenir dépend de notre détermination à agir avec fermeté, unité et conviction dans les prochains mois.

 

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novembre 2009 N° 10- 54 ème année

Uniterre, une ligne cohérente depuis 60 ans

Origine de nos actions et objectifs recherchés

2 mois de révolte paysanne se sont écoulés et jamais les médias n’auront autant parlé de nos objectifs, de nos souhaits. Parmi la population, le soutien aux idées que nous désirons voir se concrétiser est immense. C’est surtout dans le milieu paysan que des interrogations subsistes, voire que des aspirations légitimes des paysans sont remises en question. Ce numéro spécial de notre journal a pour objectif de rappeler que l’ensemble des actions que nous menons et que nous mènerons sont issues d’une vision claire que nous avons pour l’agriculture et sur le rôle que celle-ci doit jouer dans nos sociétés. Nous ne nous levons pas un matin pour formuler une revendication d’1 franc par litre de lait pour le producteur. Celle-ci a été mûrement réfléchie. Nous ne sortons pas d’un chapeau une mesure de gestion des quantités de lait; c’est le fruit d’un long processus de réflexion des membres de la commission lait d’Uniterre, tous producteurs. Quand nous nous sommes décidés, en 2002, à appuyer les projets d’agriculture contractuelle de proximité, ce n’était pas par hasard; nous avions perçu la richesse de ce type de projets, l’intérêt qu’ils pourraient susciter auprès de la population et la dynamique «militante» qu’ils pourraient engendrer parmi les paysannes et les paysans. Lorsqu’au début des années 1990, Uniterre a fait partie des membres fondateurs de la Coordination paysanne européenne (devenue Coordination Européenne Via Campesina), c’est parce que votre syndicat avait saisi que tout ne pouvait se résoudre au plan national. Qu’ici comme ailleurs, nous vivons des problématiques similaires et qu’unis nous sommes plus forts! Il y a 2 milliards de paysans sur cette terre, nous n’avons jamais été aussi nombreux, n’en déplaise à ceux qui prônent l’évolution structurelle. C’est dans cette même optique qu’Uniterre a rejoint, en 2006, le mouvement européen European Milk Board (EMB). Grâce au dialogue avec nos collègues internationaux, nous nous enrichissons et nous développons des visions cohérentes qui ont pour objectif de mettre les personnes, les humains, au centre des enjeux et non de contribuer à un système qui ne servirait qu’à enrichir les intermédiaires. Quand nous revendiquons la nécessité de relocaliser la production, de donner priorité à la production locale pour la population et de placer au second plan le commerce international, nous contribuons aussi à ébaucher des solutions pour réduire l’impact des marchés agricoles sur le climat. Nous voulons rétablir la réalité des coûts de production afin de maintenir, voire développer, des emplois rémunérateurs dans la filière agricole; du champ à l’assiette. Et nous ne nous gênons pas de dire qu’il faudrait plus de paysans. Réduire les coûts pour survivre économiquement est un mythe. Il n’y a que peu de valeurs ajustables: les salaires des employés qui sont déjà trop peu élevés ou les coûts des fourrages... c’est alors prendre des sous à son collègue céréalier. Ce qu’il faut c’est des prix équitables. Tout ceci est contenu dans le concept de souveraineté alimentaire que nous avons élaboré avec nos collègues de La Via Campesina. Démonstration dans ce journal. Au fil des pages. Bonne lecture. Journal complet de l'édition spéciale de novembre

 
UNITERRE pour une agriculture durable
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