Mouvement paysan s'unit en Allemagne pour réclamer leurs droits

ECVCcommuniqué de presse Coordination Européenne Via Campesina
24 février 2017, Schwaebisch Hall – Allemagne

Les paysan/nes* du monde s’unissent à Schwäbisch Hall pour une déclaration sur les droits des paysan/nes

Les paysan/nes nourrissent la majorité de la population mondiale. Pourtant, ils sont de plus en plus réprimés par les gouvernements, ainsi que par les industries alimentaires et agro-industries.

 Du 7 au 10 mars, plus d’une centaine de représentants de paysan/nes et de producteur/rices alimentaires des quatre coins du monde rencontreront des responsables politiques, des défenseur/ses des droits de l’homme et des activistes des pays du Sud pour poser les jalons d’une protection juridique accrue de leurs droits fondamentaux dans la ville allemande de Schwäbisch Hall. Avec l’appui de 40 partenaires, le Congrès mondial des droits des paysan/nes est le résultat d’un travail intensif et commun réalisé par des organisations luttant pour les droits des paysan/nes : la « Haus der Bauern » (la « Maison des agriculteurs », Hdb), la « Bäuerliche Erzeugergemeinschaft Schwäbisch Hall » (La Coopérative des agriculteurs Schwäbisch Hall (BESH), la Coordination européenne Via Campesina (ECVC), le Arbeitsgemeinschaft bäuerliche Landwirtschaft (Le groupe de travail agriculture paysanne (AbL) et FIAN International (FIAN).

Les paysan/nes s’acquittent d’une tâche fondamentale : ils/elles nourrissent la vaste majorité de la population mondiale. Grâce à leur savoir-faire ancestral en matière de travail du sol, d’élevage et de récolte, ils/elles cultivent leurs terres d’une manière durable correspondant aux conditions locales. Ce faisant, ils/elles préservent la biodiversité, font accroître la fertilité des sols et contribuent à renforcer la valeur ajoutée de la région.

Toutefois, les paysan/nes se voient de plus en plus privé/es de leur accès à la terre en raison d’une concurrence injuste des puissantes élites locales et des sociétés transnationales. Par exemple, certains de leurs pratiques finissent par concéder la base génétique de leurs espèces végétales et animales aux monopoles des multinationales. Dans un tel contexte d’appropriation des terres et de biopiraterie, de nombreux petit/es producteur/rices de denrées alimentaires perdent à la fois leurs moyens de subsistance et leur savoir traditionnel. De plus, comme les marchés régionaux de denrées alimentaires périclitent, la production alimentaire répondant aux besoins locaux est de plus en plus remplacée par la production de cultures marchandes exportables. Les paysan/nes qui résistent à ces changements sont souvent réprimé/es et incriminé/es.

La cadre juridique international actuel ne protège pas suffisamment les paysan/nes et leurs moyens de subsistance contre ces menaces. Depuis sa création en 2012, la « Haus der Bauern » s’est battue pour obtenir des instruments renforçant les droits des paysan/nes. Ce faisant, ils soutiennent le mouvement mondial des paysan/nes La Via Campesina et l’organisation international des droits de l’homme FIAN. Depuis plusieurs années, ils ont, conjointement avec d’autres, mené avec succès un travail de plaidoyer auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (UNHRC) pour établir un groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée (GTICNL) en vue d’entamer la rédaction de la « Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales ».

 

Grâce à des efforts communs, les organisations rassembleront des représentants de paysan/nes des quatre coins du monde, qui feront rapport sur les violations de leurs droits et travailleront ensemble sur un manifeste sur les droits des paysan/nes. Le manifeste abordera le groupe de travail onusien et encouragera tous les États parties du UNHRC à renforcer les droits des paysan/nes au niveau national et international.

 

 

Le Congrès mondial des droits des paysan/nes se tiendra du 7 au 10 mars à Schwäbisch Hall.

Parmi les intervenant/es :

Klaus Töpfer, ancien directeur du programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP),
Nardi Suxo Iturr, ambassadrice bolivienne et présidente du groupe de travail à composition non limitée sur les droits des paysan/nes au sein du UNHRC
et Pat Mooney, gagnant du Right Livelihood Award du ETC Group,
Rudolf Bühler, fondateur de la «Haus der Bauern»,
Henry Saragih et Elizabeth Mpofu, les chefs de file de La Via Campesina, le plus grand mouvement de paysan/nes au monde.

Pour plus d’informations, consultez la page : www.global-peasants-rights.com

 

 

 *Dans ce contexte, le terme englobe également les personnes travaillant dans les zones rurales comme les gardiens de troupeaux, apiculteurs, bergers, peuples autochtones, pêcheurs et travailleurs ruraux.

 

Rudolf Bühler (HdB, BESH), Geneviève Savigny (ECVC), Sofia Monsalve (FIAN International)

 

> Communiqué original  (fr / en)