12 avril: Fin de l'activité de la coopérative maraîchère biologique "Jardin des Charrotons"


disp fermes12 avril 2017, la coopérative maraîchère «Jardin des Charrotons» cesse son activité. C’est la disparition d’une ferme de plus en Suisse (3 par jour selon le syndicat Uniterre). Cette date symbolise aussi les 10 ans de la coopérative. Tristesse et amertume, cela va de soi, mais aussi l’occasion de dévoiler et de rappeler ce que ce lieu a été, a permis et inspirera. Rejoignez les coopérateurs le 12 avril prochain!


 
Un jardin organisé en coopérative où les décisions sont prises collectivement, sans hiérarchie et les responsabilités partagées par toutes*. Un jardin impliqué dans l’agriculture contractuelle de proximité (ACP). Des paniers de saison hebdomadaires, composés de légumes cultivés biologiquement sans label mais avec la confiance des coopératrices. Les jardinières sont rémunérées correctement avec un revenu fixe chaque mois, les coopératrices s’engageant à payer pour la production annuelle et à partager les risques ou les surplus liés à la production.

Une initiative solidaire qui aura participé à faire vivre toute une filière bio en s’impliquant dans diverses luttes et syndicats (FRACP, Via Campesina, Reclaim the Fields, Uniterre), en participant à la survie de semenciers (Sativa, Zollinger) et de petits producteurs de plantons (les Artichauts, Aigues Vertes) et en partageant machines et coups de main avec d’autres jardins

Un lieu d’expérimentation au maraîchage où de nombreuses jardinières ont eu l’occasion de cultiver avec une pression économique moindre, tout en assumant les responsabilités liées aux réussites des cultures. Inspirées par le projet et le travail dans la paysannerie, 14 jardinières ou stagiaires passées ici développent aujourd’hui des projets agricoles ailleurs avec des valeurs communes à ce projet.

Un lieu d’accueil pour plus de 60 stagiaires, des étudiantes, des bénévoles, des personnes en exil, placées par l’hospice ou le chômage, où la volonté était de porter ensemble les tâches quotidiennes, sans patron, sans pression de rendement ou d’efficacité car l’épanouissement, le plaisir et l’expérimentation aux travaux maraîchers sont des valeurs plus importantes à vivre.

Un espace où des projets collectifs se sont créés et ont perduré. Une boulangerie et un four à pain ont permis à un collectif de s’approprier un savoir-faire et de panifier chaque semaine. Un lopin de terre a été cultivé par des copines afin de leur permettre de transformer des plantes aromatiques et médicinales en différents produits (savons, baumes, tisanes…) et de commencer l’aventure des « Paniers migrateurs ».  L’association « Semences de Pays » a démarré le travail de sélection et de production de graines sur un espace prêté par les Charrotons.

Un lieu de vie collectif habité par des roulottes, yourte, caravane, maison de paille, permettant aux jardinières d’aménager, construire et habiter la terre qu’elles cultivent et aux amies d’expérimenter le vivre ensemble autrement. Nombreuses sont les copines à être passées aux Charrotons, une heure, une semaine, un mois, un an. Ensemble, des liens, des rencontres, des solidarités ont été créées et des rires, des verres, des bouffes ont été partagées.

Aujourd’hui, des parkings pour les entreprises de « Plan-les-Watch » poussent sur la zone déclassée des Cherpines. En 2011, une votation cantonale a soutenu de manière très serrée le déclassement de 60 hectares de terres fertiles idéales pour la culture maraîchère, témoignant de cette politique sans vision à long terme, où le béton remplace la terre nourricière.
 
La politique agricole suisse (OFAG) et son administration cantonale (DGA) n’encouragent pas l’installation de nouveaux projets, encore moins s’ils sont portés par des sans-terres. Elle encourage l’industrialisation de l’agriculture, l’agrandissement des fermes, la disparition des paysannes, la spécialisation, la mécanisation à outrance, l’agrochimie et la technoscience. Les sols fertiles se raréfient. Le Jardin des Charrotons, sans subventions et loin de l’administration fédérale, a permis à des sans-terres de cultiver, de manière paysanne et collective, en promouvant une agriculture alternative, rémunératrice et respectueuse des ressources. Il inspirera, on l’espère, les nombreuses amies sans-terres souhaitant se réapproprier un savoir et habiter un territoire collectivement et différemment.
 
Le Jardin des Charrotons
Fédération Romande d’Agriculture Contractuelle de Proximité (FRACP)
Uniterre Genève

Programme du 12 avril 2017:

Pour la dernière livraison des paniers de la coopérative, un cortège de vélos muni de charrettes (composé des jardinier.ères de la coopérative, coopérateur-trices et ami.es) livrera les différents points de distribution des paniers situés en ville et finira par un apéro à la place du temple aux Pâquis. Un communiqué de presse sera distribué et la presse genevoise est invitée à couvrir l'événement. Le cortège partira à 10h00 du jardin (ch. des Grands-Champs 33, 1232 Confignon), fera une pause de midi à la place des Grottes entre 12h45 et 13h30 et terminera à la place du temple aux Paquis à 17h00.

Pour cette occasion, des membres de la coopératives sont disposé.es à répondre à d'éventuelles questions des journalistes entre 09h00 et 10h00 au jardin, 12h45 et 13h30 à la place des Grottes et à partir de 17h00 à la place du temple aux Pâquis.

>Doc détaillé sur la fin des Charottons

> Lettre à la Direction générale de l'agriculture (Genève)